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ANECDOTES
1 ÊTRE
ET NE
PAS
NAÎTRE
2
LES HÉROS SANS HISTOIRE
3
LU DANS LA
PRESSE
4
VOUS
AVEZ DIT COÏNCIDENCE ?
5
L’ENFANT DE C(H)ŒUR
6
LES HORS
D'ŒUVRE DE L'ÉTAT CIVIL
7
LES
FANTAISIES DE L'ÉTAT CIVIL
8
HISTOIRE
BELGE
9 QUI
EST QUI ET D'OÙ ?
1
ÊTRE ET NE PAS NAÎTRE
Les vicissitudes de la
guerre
de 14 ont amené ma
grand-mère paternelle
à se retrouver réfugiée à
Nice avec ses quatre enfants. Mon grand-père
était alors mobilisé. Lavandière dans
le quartier du port, elle avait
ramené de là-bas quelques expressions de la rue
en patois niçois qui
détonaient dans son langage de paysanne du Laonnois. Mon
père se
souvenait de l'école où un maître
non-conformiste lui avait appris à
lire. C'était du côté de la Rue
Lascaris. Je me souviens encore de
l'émotion qui l'animait lorsque plusieurs
décennies après, retournant
pour la première fois sur la Côte d'Azur en
touriste, il raconta
comment il avait reconnu les lieux et regretté que le cours
du Paillon,
où jouaient en ce temps-là tous les gamins de
Nice, fût maintenant
couvert. Il rappelait aussi la tragique fin de son jeune
frère Amable.
Les habitants des villages proches du Chemin des Dames, coté
allemand,
furent évacués dès les
premières offensives en 1914. Par contre,
Vorges, Bruyères et Parfondru, un peu plus à
l'arrière, ne le furent
qu'en 1918, lors de la contre-offensive finale. Je me souviens avoir
entendu dire que ma grand-mère et ses enfants se sont
retrouvés un jour
dans un train et ont transité par la Suisse avant de se
retrouver à
Nice. Les wagons de voyageurs étaient alors
chauffés par de la vapeur
circulant dans des tuyaux recouverts de plaques métalliques
quadrillées
que l'on avait sous le pied, entre les banquettes, dans les
compartiments. Déjà certainement
éprouvé par les circonstances et la
longueur du voyage, souffrant probablement de malnutrition, le jeune
Amable, alors nourrisson, se serait assez gravement
brûlé sur l'une de
ces plaques surchauffées. Sans soins, les brûlures
s'infectèrent. Mon
père, alors âgé de huit ans n'a jamais
donné de détails plus précis.
Amable est décédé le 9 avril 1916,
comme en fait foi la photocopie de
l'acte obligeamment fournie par la Mairie de Nice à mon
agent local. À
noter la graphie Migrene, probable transcription
phonétique du
nom tel que le prononçait ma grand-mère ou
l'entendait le greffier
niçois. Illettrée, elle ne pouvait
corriger…
Le seul
problème, c'est que la naissance n'a jamais
été enregistrée à Orgeval
où il est censé être né le
25 novembre 1914. Selon toute probabilité la
guerre a empêché la rédaction de l'acte
d'état civil. En fait le jeune
Amable a dû naître sur les routes, nul ne sait
où et la grand-mère ne
devait pas le savoir non plus. D'où sa
déclaration à Nice, donnant
Orgeval pour remplir la case. En effet, les avant-gardes allemandes,
arrivées à Laon le 1er septembre, avaient
largement dépassé Soissons le
2. La contre-offensive alliée allait repousser les Allemands
sur le
Chemin des Dames où eut lieu la première bataille
de l'Aisne à la
mi-septembre. Orgeval, en territoire conquis et à
l'arrière quasi
immédiat du front, avait dû être
évacué. Amable est né deux mois plus
tard, selon la déclaration faite. Ma
famille n'a pas dû rentrer
avant le début de 1919, au mieux. Le grand-père,
mobilisé, mais chargé
de quatre enfants déjà, avait survécu
à la guerre. Conservé dans
l'alcool, très certainement. Amable était
décédé. À quoi bon
régulariser ?
On n'ose penser aux tracasseries administratives que n'aurait pas
manqué de subir ce malheureux s'il avait survécu.
Il est apparu, au cours des recherches que ce n'est pas la
première
fois que le nom Migrenne
était associé à la ville de Nice. Le
(jeune alors) poète Alfred y avait
eu son heure de modeste gloire au siècle
précédent. (Voir pages
spécifiques)
2 LES HÉROS SANS HISTOIRE
Nous ne retracerons pas
en
détail le parcours militaire des
trois Migrenne
dont le nom figure au Monument Aux Morts d'Athies. Les archives
militaires, qui viennent de s'entrouvrir, ne sont pas très
loquaces et
personne parmi leurs descendants n'a eu autre chose à dire
que déplorer
leur fin prématurée. Quant aux souffrances de
toute nature éprouvées
par les autres, elles resteront lettre morte. Néanmoins,
nommons-les
ici pour honorer leur mémoire :
Migrenne Camille Alfred.
2ème
classe au 332ème régiment d'Infanterie, classe
1913. …. Mort pour la
France à Soupir, le 29 décembre 1915.
Tué à l'ennemi (à trois pas de
chez lui, au Chemin des Dames). Migrenne Gaston, Alfred. Soldat
au 245ème régiment d'Infanterie, classe 1915.
…. Mort pour la France le
14 juin 1916, Secteur de Vaux, Bois du Cha… Tué
à l'ennemi. Migrenne
Arthur Aristide. Caporal
au 348ème Régiment d'Infanterie, classe 1903.
…. Mort pour la France le
16 septembre 1917 à l'ambulance 6/6 de Verdun, suite de
blessure de
guerre (Voir ci-dessous).
La Guerre de 39-45 fut moins
meurtrière. Certains s'y distinguèrent et furent
décorés, d'autres la
subirent de plein fouet : cinq ans de captivité. Un seul
mort au champ
d'honneur. Son nom figure sur le livre d'or du Lycée de Laon
:
Migrenne
Claude, Hubert, Albert, né le 13 mai 1926… Mort
pour la France le 30
janvier 1945 du côté de Colmar (18 ans, engagé dans l'armée de De
Lattre).
Remontons l'histoire et
écoutons, par article de presse
interposé, le discours prononcé à
Athies en 1925 sur la tombe de
François-Stanislas Migrenne, ancien combattant de 1870-1871.
"
Avant que ne se referme cette tombe où vont reposer les
restes de
Monsieur Migrenne François, que nous appelions
'Père Marin', nos
associations des combattants de 1870 et de 1914-18 ont tenu
à rendre
hommage à la mémoire de ce cher disparu.
" C'était un honnête et
brave cœur, bien français, qui connut dans sa vie
la gloire de servir
sa patrie et de verser son sang pour elle ; c'est pendant la triste
guerre de 1870 que nous le trouvons comme mobile sur la
brèche et c'est
là qu'il fut glorieusement blessé.
" C'est à Laon, quand la
citadelle sauta, que son pauvre bras gauche est
abîmé, cassé en deux
endroits. Après la terrible explosion, il s'en va, tenant de
sa main
droite son bras meurtri, mais là encore la barbarie teutonne
se
rencontre et se montre dans toute sa cruauté.
Rencontré dans la rue par
une patrouille de uhlans, l'un de ceux-ci, par fanfaronnade,
lève sur
ce malheureux son sabre et, d'un coup, lui casse le poignet du bras
déjà mutilé. Quelle horreur ! Quelle
honte ! pour cette armée boche
d'avoir possédé dans son sein de tels bourreaux,
mais quelle gloire
pour un cœur français comme celui de ce cher
disparu d'avoir contribué
malgré le désastre de Sedan à sauver
la France.
" Cette
malheureuse guerre de 1870 terminée, il rentra chez lui
infirme de son
bras gauche ; il reste ignoré du gouvernement
français.
" Ce cœur
saignait de la défaite et rêvait de revanche,
élevant ses braves
enfants dans l'amour de la Patrie. Pourtant il allait encore
être
frappé dans ce qu'il avait de plus cher.
" C'est août 1914. Ses
enfants sont appelés aux frontières pour faire
face à l'ennemi que lui
avait combattu. Le moment des adieux arrivés, que va-t-il
dire à ceux
que, peut-être, il ne reverra plus ? En les embrassant, voici
les
paroles sublimes qu'il dit : 'Allez, mes enfants, et faites votre
devoir, je suis trop vieux pour vous accompagner'.
" C'est bien
là, Mesdames et Messieurs, des paroles vraiment belles et
dignes d'un
tel homme. " C'est, après la tristesse de l'invasion,
supportant sans
se plaindre les rigueurs de l'occupation. " Il attend avec foi la
délivrance qui lui ramènera, il
l'espère, avec la paix victorieuse, les
deux enfants qu'il a confiés à la France.
" Le Boche, acculé, a
demandé grâce, la joie règne dans son
cœur, quand hélas, il apprend la
mort glorieuse de son fils tombé à Verdun le 16
septembre 1916 (1917,
dit l'acte de décès militaire) mais
malgré son cœur déchiré, il
est
fier de ce fils et sa fierté est encore plus grande
lorsqu'il eut la
joie de serrer sur son cœur son autre fils qui, par sa
bravoure, a
gagné sur le champ de bataille ses galons de lieutenant. Il
est bien
vengé de la mutilation de 70 ; il peut mourir maintenant.
"
Pourtant, malgré son âge, il s'occupe encore
à remettre en état les
terres que l'ennemi a saccagées, il travaille au
relèvement de la
France, quand il est terrassé…..
L'histoire ne dit pas si
c'est
lui qui avait mis le feu aux
poudres. Il
avait 21 ans à l'époque.
Nous attendrons la mise en ligne annoncée ( Mémoire
des hommes)
des archives napoléoniennes pour y découvrir ceux
du siècle précédent…
3
LU DANS LA PRESSE
VERSION 1
Arrondissement
de Laon
Enterré vivant
pendant quarante heures
à Orgeval
En voulant
rattraper un furet
un chasseur est enseveli dans une sape
Il n'est sauvé
que par la courage (sic) intervention
des gendarmes Bernard et Paternotte
Vendredi
dernier, vers 14 heures, M. Georges Migrenne, 36 ans*, cultivateur,
était à la chasse et s'est trouvé
enseveli dans une ancienne sape
allemande, dans le « Bois de la Boulière
», à Orgeval.
Ne le voyant
pas rentrer, et après l'avoir cherché vainement
pendant près de deux
jours, Monsieur Migrenne père prévint la
gendarmerie de Laon dimanche
matin.
Les gendarmes Bernard et Paternotte se rendirent aussitôt
à
Orgeval. Où se trouvait déjà le
général Leroux.
Les recherches reprirent, méthodiquement.
Tout à coup les gendarmes aperçurent,
à l'entrée d'une sape
éboulée, le
chien de Georges Migrenne qui se refusait obstinément
à quitter cet
endroit et gémissait doucement.
MM. Paternotte et Bernard, enlevant
leur tunique, se mirent courageusement à l'ouvrage et
parvinrent à
dégager le malheureux qui était sans
connaissance. Ils durent pratiquer
la respiration artificielle pour le faire revenir à lui.
M.Migrenne fils était resté ainsi enseveli
pendant quarante heures.
On ne saurait trop féliciter les gendarmes Paternotte et
Bernard de
leur dévouement, de leur présence d'esprit et de
leur courage.
La
Dépêche de l'Aisne 14 12 1932
* il en avait 10 de moins (NdR)
***
VERSION 2
ORGEVAL
Un sauvetage merveilleux
Vendredi
dernier, le jeune Migrenne Georges poursuivant un lapin, dans une
ancienne sape allemande à demi-effondrée, se
trouva tout à coup
enseveli sous un éboulement de sable.
L'accident ne fut découvert
que samedi, dans l'après-midi, grâce au veston que
Migrenne avait
déposé à l'entrée de la
sape et grâce à son chien qui s'obstinait
à
l'attendre au même endroit.
Tous les hommes du village se mirent en
hâte à la besogne pour dégager le
malheureux imprudent. Des monceaux de
sable furent enlevés ; des boisages furent placés
au fur et à mesure,
pour éviter de nouveaux éboulements et de
nouvelles victimes. Les
travaux commencés le samedi après-midi et
vivement menés avec le
concours du maréchal des logis chef Arnould de la
gendarmerie de Laon,
arrivé sur les lieux dès la première
alerte et grâce à un renfort de
sauveteurs accouru, dès le premier appel, sous la conduite
de M. le
Maire de Bièvres, continuèrent sans
résultats, jusqu'à dimanche matin
vers 10 heures. Enfin, au moment où l'on
commençait à désespérer,
les
gendarmes Bernard et Paternotte, de la brigade de Laon, qui avaient
pris bravement la tête de l'équipe des sauveteurs,
virent soudain
s'effondrer, devant eux, dans une vague de sable, le corps de Migrenne,
la tête en bas. Immédiatement sorti de la sape, le
jeune homme,
évanoui, après quelques minutes de respiration
artificielle, rouvrit
les yeux et respira. Transporté au village chez ses parents,
il put
recevoir les soins du docteur Mennecier, du Câtelet, de
passage fortuit
dans la localité, puis du docteur Devauchelle, de
Bruyères, mandé en
toute hâte. Aucune lésion ne fut
constatée à ce premier examen et le
rescapé semble pouvoir espérer qu'il se remettra
rapidement.
Puisse
cette grave alerte, résultat de son imprudence, servir de
leçon à
lui-même et d'avertissement aux autres chasseurs trop souvent
entraînés
par leur ardeur à des
témérités qui n'ont que rarement
l'issue
miraculeuse dont a bénéficié cette
fois & (reste du texte hors du
champ de la reproduction)
Les Tablettes de
l'Aisne
Amateurs de littérature
comparée, à
vos marques...
La morale de tout ceci est double : la Grande Guerre était
encore là,
menaçante, 14 ans après, tout autant que
certaines de ses cicatrices
restaient béantes 10 ans plus tard encore, quand j'ai
commencé à
fréquenter Orgeval ; cette histoire valut un certain
succès à celle qui
devait devenir la belle-soeur du héros de ce fait divers. En
effet, ma
mère, alors employée de bureau à
Paris, avait annoncé son prochain
mariage à ses camarades de travail, sans leur dire le nom du
promis.
Lorsque celles-ci, lisant la presse parisienne qui avait repris la
nouvelle, firent le rapprochement avec l'histoire qu'elles venaient de
s'entendre raconter, le secret fut éventé.
Il paraît, se souvient ma mère, que la chienne fut
décorée ou
officiellement félicitée.
***
Dans
son numéro 720, du 7 janvier 1933,
l’hebdomadaire britannique The CHILDREN’S
NEWSPAPER and Children’s
Pictorial
publie en page 2 la
VERSION 3
4 VOUS AVEZ
DIT COÏNCIDENCE ?
J'ai déjà mentionné
le fait que deux des trois Jean
étaient détenteurs de connaissances et documents
touchant Alfred Migrenne,
(AM) et que le troisième Jean
(moi-même) avait eu la
surprise d'apprendre qu'un éditeur régionaliste
s'intéressait lui aussi
à AM
au moment où, ayant lui-même
collationné la totalité (ou presque) de
ses œuvres, il caressait le rêve fou de faire
paraître quelque chose
pour le centenaire de son très lointain cousin.
Alfred, nous le reverrons dans les pages qui lui seront
consacrées, est
décédé en 1937 'dans la foi
spiritualiste et socialiste', comme
l'indique le faire-part. Tout le monde au 19e siècle faisait
plus ou
moins tourner les tables et AM,
Victor Hugo de nos campagnes, n'y manquait pas. N'ayant jamais
adhéré à
ce genre de chose, je me garderai bien d'appeler autrement que
coïncidence la chaîne
d'événements qui s'ensuit.
Acte I Dans une postface à La
Momie du Caire,
pièce en trois actes composée en 1895 et
restée manuscrite, AM
écrit : …le motif est
emprunté aux Mémoires de Bachaumont. Je
croyais être le seul pour (sic) l'avoir traité,….
En 1907, AM
découvre l'existence d'une pièce
écrite vers 1767 par un certain
Taconnet, La Momie
traitant du même sujet (un policier qui prend pour un cadavre
une momie
trimballée dans une malle et la fait transporter
à la morgue). La
police avait trouvé qu'on se moquait d'elle, mais M. de
Sartines,
lieutenant général de police avait
calmé l'ire de ses subordonnés qui
se trouvaient ridiculisés.
Acte II Dans un AVIS, faisant suite
à la postface écrite
par Charles Charpentier pour le seul recueil de poèmes d'AM
jamais publié à Paris : Les Moissons
Dorées, chez Vanier, en
1890, on lit ceci : Dans cent ans, s'il prend la fantaisie
à
quelque éditeur de réimprimer ce
livre… .
Personne ne réimprimera jamais cette poésie qui a
mal vieilli, mais
cent ans s'étaient écoulés quand Jean
Le Mauve réédita quelques
nouvelles d'AM que mon épouse
étudia avec ses collégiens devant
l'Inspecteur. Cent ans aussi, à quelque chose
près, avant que je ne
l'exhume des bibliothèques et que je ne lui dédie
ma traduction des
poèmes de Dylan Thomas, laquelle, comme la
majorité des écrits
d'Alfred, restera probablement au placard.
Acte III Parmi la prolifique production
poétique d'AM
dans le dernier quart du 19e siècle, et grâce aux
comptes minutieux
qu'il en tenait, on découvre, recopiée dans un
cahier d'écolier à la
plume sergent-major, cette citation du Bulletin des
Sauveteurs de
Nice de décembre 1879 : Dans notre dernier Bulletin, un
diplôme
d'honneur était offert au meilleur traducteur des deux
sonnets en
langue italienne : 'Le Calomniateur' et 'La Calomnie'. Dix
poètes
seulement ont osé affronté (sic) ce travail. Huit
se sont entièrement
écartés du but ; deux sont restés sur
la brêche (sic.) Le N°1 s'est
attaché à résoudre la
difficulté en suivant littéralement le sens
autant que le permettaient la résistance de la langue
italienne et la
version en poésie française. Le N°2 a
fait une poésie très
élevée, des
vers coulants, d'une cadence très harmonieuse ; mais la
traduction n'a
pas le mérite correspondant au programme.
Le diplôme est échu à Monsieur Alfred Migrenne,
littérateur.
Le traducteur de poésie de langue anglaise que je suis en
frémit
encore, surtout si l'on compare, pour sa forme, ce poème
(sans date)
d'Alfred Migrenne avec ce que Dylan Thomas a
composé dans Vision
and Prayer, sur un tout autre thème :
|
LE VERRE
Lorsque mon verre est plein jusques aux bords
Mon cœur se livre à de bien doux transports,
D'espoir mon âme est chatouillée,
Ma raison est toute brouillée.
Que j'aime le vin généreux
Le bon vin qui pétille
Et rend gracieux
Jeunes, vieux
Et brille
Joyeux
Jusqu'à
Demain
Ça
Du vin,
Quoi qu'il arrive.
En gai convive,
Chantons,
Buvons,
De l'Aï, du Madère,
Buvons, je me sens mieux.
Autant qu'on adore les dieux
Je voudrais adorer mon verre.
|
Pièce (sans date ni
référence de publication) ô combien
atypique dans la production d'AM !
Acte IV AM
a tenu un compte rigoureux (nous y reviendrons) de toutes les citations
le concernant et parues dans la presse. Il a aussi conservé
tous les
poèmes publiés et dédiés
À Alfred Migrenne.
J'ai eu
l'honneur d'une telle dédicace une fois : Marilyn Hacker,
que j'ai
traduite et publiée, a fait paraître un
poème intitulé For Jean Migrenne,
dans Going Back to the River, Vintage Books, Random
House, New
York, 1990, ainsi que dans la revue Ploughshares et
sur le Web.
August Kleinzahler, autre poète et ami de San Francisco, a
choisi de
nommer Migrenne un des personnages de la
série 'A History of
Western Music', chapter 4, figurant dans son recueil The
Strange
Hours Travelers Keep, Farrar, Straus and Giroux, 2003.
Acte V L'œuvre d'AM
comprend aussi un roman,
resté manuscrit, intitulé Le Voyage
Parallèle, ou le Pèlerinage en
Partie Double.
Nous en reparlerons. Certains chapitres ont leurs pages
divisées en
deux, verticalement, et on y lit, de part et d'autre de la
séparation,
à droite en écriture couchée, et
à gauche en écriture droite, les
aventures de deux héros différents progressant en
parallèle. Jamais vu
(Alphonse Daudet s'y serait essayé ??) jusqu'à
ce que je tombe, dans
le Volume XVI/4 (Automne 1994) de The Kenyon Review,
sur la
pré-publication de quelques pages d'Atlantis: Model
1924
écrites selon le même
procédé par le grand romancier et
maître
incontesté de la deuxième
génération d'auteurs de science-fiction
américaine, Samuel R. Delany, sur un sujet totalement
différent, encore
qu'il s'agissait de Hart Crane, que j'allais bientôt
étudier dans le
cadre du programme de littérature américaine de
l'ENS Fontenay.
Samuel Delany, c'est le mari (ex) de Marilyn Hacker… Et
avant même de
découvrir l'existence d'AM
; avant même d'imaginer que je deviendrai un jour traducteur
de grands
poètes américains contemporains, j'avais
dévoré les œuvres de ces
auteurs de science-fiction et gardé dans ma
bibliothèque, derrière moi,
me surplombant comme un signe qui n'attendait que la
révélation, une
des toutes premières anthologies où figurait le
nom de Samuel Delany, associé
à celui de Marilyn Hacker dont je n'ai fait la
connaissance que 20
ans après…
5
L’ENFANT DE C(H)ŒUR
Ceci aurait tout aussi
bien
être l'acte VI,
mais point trop
n'en faut.
L'anecdote qui suit appartient à l'histoire des
coïncidences, côté
rapprochement inachevé dans le temps.
Moins d'un an sépare le décès d'Alfred Migrenne
de ma naissance. Mais cela vaut éternité puisque
nous n'avions aucun
rapport géographique ou familial. Le seul rapport
matériel que j'ai eu
avec lui, outre la lecture de ses manuscrits et la visite sur sa tombe,
c'est avec son petit-fils (Jean, de Guise) et ses descendants.
Pourtant, il en est apparu un autre après lecture de la
masse de
documents que j'ai dépouillés.
AM était un
grand marcheur. Avant et après la guerre de 14, il revenait
souvent
voir ceux de ses frères et sœur restés
à Athies, et il parcourait les
chemins autour de Bruyères et dans les cantons environnants.
Il a
laissé des descriptions de Montchalons, Orgeval et Parfondru
(par 'correspondant' interposé pour ce dernier village) parmi
d'autres.
Jusqu'à la veille de sa mort il a travaillé sur
les archives d'état
civil du département entier et relevé les
mentions marginales dont nous
reproduirons certaines. Curieusement, il n'a jamais
travaillé sur le
nom Migrenne. Sauf peut-être pour n'en
rien dire. Ou parce qu'à
l'époque on ne se souciait pas de
généalogie. J'ai repéré ce
qui semble
bien être une trace de son passage, sous forme d'annotation,
au dos
d'un des documents que j'ai lus aux Archives de Laon en 1985. Mais ce
n'est pas le sujet de cette page.
Quelque part, sur la fin de sa vie, AM,
qui fréquentait toujours les érudits locaux,
mentionne le Curé de
Bruyères, l'abbé B… C'est ce
même prêtre qui desservait encore la
paroisse de Montchalons deux ou trois fois par an à
l'époque où j'y
passais mes vacances, au début des années
cinquante. La jeunesse y
était rare. Je 'faisais' du latin. Me voilà
bombardé enfant de chœur,
doté d'un surplis fabriqué par ma
grand-mère dans l'un de ses vieux
jupons de dentelle.
L'église de Montchalons, qui vient
tout juste d'être sauvée de la ruine et d'un
délabrement pitoyable,
prenait déjà l'eau de toute part. On y mourait
peu, on n'y baptisait
plus et s'y mariait encore moins. Il y n'y avait messe que le jour de
la fête patronale et pour la Toussaint. Tout était
moisi. Et il n'y
avait pas d'eau, sauf à la recueillir dans des bassines sous
les fuites
de la toiture. Un jour, le Curé de Bruyères
arrive pour la messe, ouvre
la porte de la sacristie, sort calice et autres burettes et demande au
fils du maire, un grand qui n'allait déjà plus
à l'école, d'aller chez
la bonne dame d'à côté, lui remplir une
burette d'eau pour le saint
sacrifice. Le 'grand' gratifie les deux plus jeunes d'un clin
d'œil et
s'acquitte de sa tâche. Il avait
prémédité un coup et nous
étions au
courant.
L'abbé B… était un lettré,
bon vivant qui
appréciait tout spécialement, et sans
modération particulière, la
goutte du coin que l'on faisait avec des prunes qui fermentaient dans
des tonneaux menés une fois l'an à l'alambic. Il
avait eu lui même sa
propre récolte, et de qualité, disait-on, mais,
les années venant, il
faisait de plus en plus largement appel à ses paroissiens.
On sert la messe. Vient la communion. L'abbé
mélange l'eau et le vin,
et boit... , sans plus que sourcilier. De retour dans la sacristie il
allonge une paire de baffes monumentale au farceur qu'il engueule
vertement et somme de revenir avec un verre vide et un broc de vraie
eau. Le restant du contenu de la burette incriminée est
versé dans le
verre, la burette rincée, le verre bu et lui aussi
rincé avec l'eau du
broc. Ite missa est.
C'était sous les voûtes
pourrissantes de l'église de Montchalons. J'étais
loin de penser qu'à
l'instar de ce que Michel-Ange avait peint au plafond de la Sixtine,
l'espace qui me séparait d'AM
était, à ce moment là,
réduit à
cet epsilon de néant qui vaut plus que tout contact. Je me
souviendrai
toujours du Curé de Bruyères.
6 LES HORS
D'ŒUVRE DE L'ÉTAT CIVIL
(avant la
Révolution)
Titre emprunté à Alfred Migrenne.
L'infatigable chercheur qu'était AM
fit paraître
à Laon, Imprimerie des Tablettes de l'Aisne,
en 1936, (il allait avoir 90 ans) une série de mentions
marginales
portées par les prêtres sur les registres. Les
curés de Parfondru n'en
ont laissé aucune. Celles que nous sélectionnons
et abrégeons donnent
une idée de l'atmosphère qui prévalait
dans la région. Qui veut tout
lire ira à la Bibliothèque Municipale de Laon.
1657, juillet. Saint-Aubin.
Sépulture sans son de cloche ny chant de
Françoise Lamarre, veuve de
Claude Duchemin, décédée de mort
violente qu'elle s'est procurée elle
mesme par la corde…. Estant trouble d'esprit…/.
Depuis la mort de son
mary.
1664, 18 janvier. Blérancourt.
Baptême d'une
fille de Pierre Domingo dit le Basque; et n'ont esté les
onctions ni
cérémonies ordinaires faites ainsi
différées … jusqu'à ce
qu'il lui
plaira de luy imposer un nom.
1668, 13 novembre. Sinceny. Ordonnance de Jean du Passage, seigneur de
Sinceny défendant
que 'pas
un homme ni garçon n'entre nuitamment dans les maisons ou
autres lieux
où il y aura assemblée de femmes et filles pour
filer durant la nuict,
sous peine de 50 sols d'amende'.
1694. Manicamp. ….
L'on pourroit bien nommer cette année (1692)
l'année de la famine et de
la mortalité car il n'y a jamais eu plus grand
misère au monde …. Le
16ème jour de septembre la terre a tremblé
… l'eau a débordé ….les
bleds, orges, avoines et chanvres ont esté ruinés
….
1708, 28 novembre. Braye-en-Laonnois.
Décès d'un passant inconnu. 'On trouva dans sa
poche un passe-port du
Baron de Gley, major de la ville de Mons, portant qu'il
était déserteur
des ennemis, un chapelet et une feuille de route depuis la ville de
Nesle pour venir à la Sainte-Face sous Laon et à
N.-D. de Liesse'.
1709, 23 janvier.
Berrieux.
Décès d'Henri Chardonnet, enterré dans
l'église à cause de la trop
grande rigueur de l'hiver …. L'on n'a pu ouvrir la terre
dans le
cimetière … grande disette de 2 mois
…. On appris qu'il y était mort
dans ces deux mois 22 000 personnes à Paris. Mention
est faite de
ce terrible hiver dans beaucoup de registres, NdR.
1710, 19 août. Chaillevois. Décès de Pierre Carbonneau,
paître de ce lieu, étant mort de la rage
causée par la morsure d'un
loup…
1712, 14 décembre.
Crécy-sur-Cerre. Un
enfant apparemment jeté par la dureté de
l'inhumanité de ceux dont il
avait tiré la naissance est trouvé dans la
rue… il a esté ensuite
apporté dans notre église que nous avons
baptisée …. sous le nom de
Marie-Magdeleine Trouvée…
1718, 5 juillet. Quincy.
Baptême de Marie Françoise fille bâtarde
et illégitime de l'abominable
femme publique et adultère Françoise Cochet et de
Thomas Ustache valet
de charrue quoiqu'homme marié et ayant femme vivante.
1720, 21 mars. Coucy-le-Château. Décès
de Jean Harlé, tordeur, noyé dans
l'étang du Tordoy; il est enterré
sans chant, sans son de cloche, parce qu'il n'avait pas fait ses paques
depuis plusieurs années.
1728, 4 novembre. Barenton-sur-Cerre.
Décès et inhumation de Marie Madeleine de
Vivaise, native de
Crépy-en-Laonnois, réfugiée dans la
paroisse de Barenton-sur-Cerre,
depuis 5 mois environ, sous un habit d'homme et ayant pris le nom de
Rémy de Vivaise, se disant plus homme que femme, comme il
paraît être
vrai, suivant la visite qui en a été faite par le
chirurgien dont elle
en avait bon certificat que nous avons veu.
1730, 5 juin. Frière-Fallouel. Mariage d'Eustache Ringeval,
charpentier, avec Marie Madeleine Minet.
Une permission spéciale de l'évêque sur
ce que les époux sont 'errants
et vagabonds' depuis trois ans et que par la suite de la
désertion du
mari, ils sont restés plusieurs années hors du
royaume.
1740, 6 août. Pinon. Décès
de Marie Le Roy ayant esté
surprise revenant de Soissons d'un violent orage fut
emportée par la
ravine…
1747, Barisis-aux-Bois.
Dans la nuit du 14 au 15 décembre on a foncé la
sacristie, arraché les
portes et forcé toutes les armoires, on y a pris….
1749, 1 janvier. Craonne,.
Repassent 200 prisonniers échangés s'en
retournant en Hollande …. Le
20, 1000 Anglo-Austro-Hollandais …. Le 22 200 autres
.… Le 28 environ
800 autres venant de Bourgogne ; le 31 encore 800 .... etc…
1751, 21 mars. Manicamp. Sépulture d'Étienne Tilmant, prêtre du
diocèse de Trèves et vicaire de
la paroisse, assassiné le 9 février
précédent et retrouvé le 24 mars
dans les eaux débordées…
derrière le château de Manicamp.
1764, 2 février. Genlis. Baptême de Marie Laporte, enfant inconnu,
exposée
à la porte de
l'église de cette paroisse, du côté du
grand chemin.
1781, Septvaux. Cette année a été abondante en bled et
en vin et elle eût été heureuse,
si les hommes pouvaient être heureux. Les impôts
sont haut portés à
cause de la guerre d'Amérique. Que Dieu nous en
délivre !
1783. idem. …. Excepté les allumettes, tout ce qu'on a
acheté est chère. La paix
est faite. L'Amérique est un État
indépendant et le peuple n'en tire
aucun avantage.
1786, 1 juin. Trucy …. Orage si
considérable que le plupart des vignes ont
été décimés ….
Une partie
des foins a été perdue …. Tous les
chanvres furent tellement abymés
qu'on fut obligé de les arracher….
1788, Craonne. Il passe souvent des gens de
guerre
auxquels il faut administrer les sacrements ou donner la
sépulture…
1789. Camelin. Il
y a eu ici, cette année, une épidémie
qui, à raison des précautions
qu'on a prises, n'a point fait beaucoup de ravage. …. Est
tombée ici et
dans les environs une grêle qui a fait beaucoup de tort
….les suittes
ont été affreuses. Il a fait un froid excessif
…. Depuis le 26 novembre
de cette année jusqu'au 10 janvier 1789 …. La
terre a été gelée
jusqu'au moins 18 pouces de profondeur, la glace à la
rivière de l'Oise
en avait au moins autant d'épaisseur.
1791, 13 juillet. Mons-en-Laonnois. Baptême d'Honoré Maxime …. lesquels
parrein et mareine, pleins de
civisme et attachés à la nouvelle constitution
régénératière de
l'empire françois, ont juré au nom de l'enfant,
d'être fidèles à la
nation, à la loi et au roy, de maintenir dans tout son
pouvoir les
décrets de l'Assemblée Nationale ….
Cette sélection ne concerne que l'arrondissement de Laon.
Arrondissement de Vervins: outre les mêmes conditions
climatiques,
nombreuses morts violentes, spécialités dues
à l'importance stratégique
des lieux où séjournaient de nombreux militaires
en garnison.
1685, 8 décembre. Iviers. Décès
de Françoise Paris… 'Il faut remarquer que cette
pauvre fille mourut
aagée de seize ans ou environ, belle, grande, sans avoir
parlez ni
marché, sa mère ayant regardés des
mendiants se vautrant, dans le temps
de la conception.'
1706, 22 février. Bernot. Inhumation de Nicolas Dasnière, dit le
Laonnois, capitaine
des gardes
de la gabelle establis à Bernot, lequel a esté
tué dans une rencontre
par des faux sonniers ….
1720. Le Nouvion. Le curé
du Nouvion, Roland Hippe est victime d'une singulière cabale
de la part
des habitants, qui l'insultent et font du charivari devant sa maison,
en disant '… qu'il était un huguenot, un
calviniste, qu'il fallait le
chasser, qu'il ne baptiserait plus leurs enfants'.
1743, 22 septembre. Landouzy-la-Ville. Marie Pécart, âgée d'environ 42
ans,
Veuve de Gilles Jacquemin, soldat
du Roy de Prusse, a abjuré les erreurs calvinistes qu'elle
avait eu le
malheur d'embrasser depuis l'âge d'environ treize ans auquel
elle avoit
été conduite en Pusse…'
1675, 14 mai. Aubenton. 'Décès d'un 'petit allemand de nation,
cléron dans le régiment de
Senlis dont l'on a sceu scavoir le nom ny le lieu de sa naissance,
lequel a été tué fortuitement d'un
coup de fusil à l'âge de douze à
treize ans.'
1785, 8 décembre. Jeantes. Abjuration.
'J'ai reçu Isaac Brimbeuf par cy-devant faisant profession
de la R.P. à
la confession de la foy catholique, apostolique et romaine absoue de
l'hérésie …. En présence
des paroissiens dudit lieu et commencement de
la messe'.
Les autres arrondissement à l'avenant.
Il faut remarquer qu'il n'a rien fait des textes importants que je cite
par ailleurs, c'est à dire l'acte de confirmation des
enfants de
Parfondru en l'église de Bruyères, et surtout le
rapport du curé de
Braye en Laonnois à l'occasion du mariage de l'orpheline
Geneviève Migrenne,
dont le père avait mystérieusement disparu au
moment de sa naissance.
Il est toujours resté muet sur ses
antécédents et collatéraux.
7 LES
FANTAISIES DE L'ÉTAT CIVIL
Lors de mon mariage en
1963, ma
mère fit
cette remarque à
l'adjoint au
maire qui officiait : "Vous n'avez pas dit son épouse
lorsque vous
m'avez citée en tant que mère du
marié", faisant référence à
mon père.
Il lui fut répondu que la mention ne figurait pas sur les
papiers
fournis. Or ils s'étaient bel et bien
légitimement mariés à
Montchalons, en 1933. Mettant le nez dans leur
livret de
famille, je découvre alors qu'il est surchargé en
rouge. Ma mère avait,
en son temps, fait rectifier une erreur de copiste, celui-ci l'ayant
fait naître à Saint-Michel, dans la Meuse. Or il
n'y a pas de
Saint-Michel là-bas, mais un Saint-Mihiel, où
elle est née. Lors de son
mariage, copie de l'acte fut envoyée, où
ça ? et finit par atterrir à
Saint-Michel, dans l'Aisne. Inconnue au bataillon,
poubelle. Et
pas d'annotation à Saint-Mihiel.
Ayant promis à ma mère, vexée, de
réparer cette anomalie, j'adresse une
liasse de paperasse à Saint-Mihiel en demandant
rectification.
Rectification exécutée, m'écrit-on en
retour, assez rapidement. Point
final ? point du tout.
Au décès de mon père, en 1998,
repaperasse et, oh, stupeur ! la copie d'acte
expédiée de Saint-Mihiel
établit le mariage de mes parents en 1963 ! À un
chiffre près, vous me
direz….
Et c'est reparti pour un tour, et finalement
rerectifié, après appels pressants au cabinet du
Procureur de
Bar-le-Duc, car il ne s'agissait que d'une rectification d'acte,
urgente et faisable dans l'instant, et non pas d'une
procédure civile
ou pénale. Ce qu'il a fallu démontrer.
Entre temps, la
mairie d'Orgeval, à ma demande, me fournit une copie de
l'acte de
naissance de mon père et, oh, stupeur bis ! voici qu'il est
déclaré
marié avec l'épouse de son frère
cadet, Louis. Tout est à recommencer.
Je contacte la Mairie de Couvron où s'était
marié ce dernier : pas de
problème, il a la bonne épouse. Alors quoi ?
Orgeval confirme la
mauvaise interprétation. J'envoie donc une requête
circonstanciée au
Procureur de Laon afin de remettre les épouses respectives
et
respectables dans leur lit légitime. Silence.
Après tout, il n'y avait
pas de succession, donc pas de litige, et les autres étaient
décédés,
sans enfants. Quatre ans après, mon
téléphone sonne. C'est Laon qui me
demande pourquoi diable je leur avais posé cette question,
puisque
l'état civil d'Orgeval mentionnait le bon mariage.
Et qu'il n'y
avait donc d'erreur que de mon invention.
Que s'était-il passé ? probablement ceci : dans
ces bleds humides
l'acte d'état civil étant devenu chose rare, par
deux fois, le
Secrétaire de Mairie avait dû lire deux pages
collées, attribuant la
mention marginale du mariage de mon oncle à mon
père, né sur la page
d'avant. N'ayant pas encore vu ces registres de mes propres yeux, je
m'étais dit que l'on revivait peut-être un aspect
de l'épisode Amable
décrit plus haut. Et je retiens la réflexion
acerbe de ma mère ne
cessant de répéter, contre toute
évidence, que la Mairie de Montchalons
n'avait pu commettre d'erreur au départ puisque la
Secrétaire d'alors
était son institutrice
vénérée.
8 HISTOIRE BELGE
AM
a toujours gardé une profonde affection pour Arthur, comme
en
témoignent ces vers tirés de 'À MON
FRÈRE' , deuxième titre, après
l'incontournable 'À MES VERS' du tout premier recueil,
daté de
Versailles, le 28 juillet 1868 :
Te
souvient-il, Arthur, de nos jeunes années
Dont les jours s'écoulaient comme des fleurs
fanées ?
Les rêves que la nuit nous donnaient comme don
Étaient à notre insu la clef d'un abandon.
Nous ne serions pas nés du sang d'un noir vipère,
Et notre mère aurait encore au fond du cœur
La sagesse qui fait d'une femme un vainqueur.
Elle a pleuré sur nous cette mère
chérie,
Jusqu'au jour où le ciel redevint sa patrie.
Bien
mauvais, même pour un débutant, mais fort
révélateur.
Rappelons l'histoire : lorsque Louis François Stanislas Migrenne,
de Bruyères, s'est retrouvé veuf et
chargé de 7 enfants dont 6 fils, il
est, sans tarder (deux mois presque jour pour jour) aller trouver
femme à Athies. Les aînés n'ont pas eu
l'air d'apprécier et deux
d'entre eux, quittant le domicile familial, ont eu des
carrières
remarquables. Si le troisième, Alfred, fait l'objet de la
plus grande
partie de cette étude, il nous faut aussi parler du
deuxième-né, Arthur
Séraphin. C'était fin juin 1862. Arthur avait 19
ans. Il devait avoir
des talents de cuisinier. Faute d'informations précises,
nous ne
pouvons que reconstruire, à la manière des
archéologues, un parcours
virtuel qui le mène par étapes vers le nord et en
particulier à
Bruxelles, où il épouse une native de
Saint-Quentin, Louise Adèle
Caron. C'est le mariage du cuisinier-maître d'hôtel
et de la femme de
chambre, selon toute probabilité.
Le couple prospère et
se retrouve à Namur en 1876. Un placard publicitaire
N° 3045, de huit
centimètres sur six, paraît alors dans l'Écho
de Namur, N°1008,
début octobre. On se met à son compte. Le lecteur
est informé que MIGRENNE-CARON, chef
de cuisine à l'hôtel d'Harscamps (le
palace namurois
de l'époque) a
l'honneur d'informer le public qu'il vient d'ouvrir rue Saint-Jean, 12,
à Namur une maison de comestibles, conserves alimentaires et
primeurs,
volailles, gibiers, fruits, etc. Il sera constamment pourvu de
galantines truffées ; jambons d'Ardenne, langues de
bœufs, et toutes
espèces de saucissons, en gros et en détail. Il
peut également fournir
du jour au lendemain toutes autres marchandises. PRIX TRÈS
MODÉRÉS.
Fixé à Namur, Arthur a la bougeotte
prospère et change souvent de rue.
Je dois à René Dejollier, auteur, chez
Wesmael-Charlier, d'un Namur en
cartes postales publié en 1981 : Une
Pensée de Namur, des
agrandissements de vues nous le montrant établi Boulevard
d'Omalius, à
l'enseigne A. MIGRENNE COMESTIBLES et Rue de Fer,
en plein
centre. En 1912, l'Ami de l'Ordre,
dans un encadré noir de treize centimètres et
demi sur neuf (la maison
a prospéré, mais les encarts publicitaires sont
tous plus grands que 36
ans plus tôt) nous apprenons que la Maison
MIGRENNE rue de Fer,
50-52, Namur, TÉLÉPHONE 51 (fait)
ENTREPRISE DE DÎNERS &
BANQUETS FOURNITURE COMPLÈTE DE MATÉRIEL ON
REPREND TOUS LES GIBIERS.
Entre temps Arthur Séraphin, veuf Caron en 1876, avait
épousé Joséphine
Chérêt, (pas la banlieue de Bruyères,
mais native de Huy) en 1877. Un
avis annonce son décès en date du 24
février 1912, après une longue et
pénible maladie, administré des Sacrements de
Notre Mère la Sainte
Église. De Louise Caron, Arthur Séraphin avait eu
une fille Léopoldine
Louise, née à Bruxelles en 1874, dont nous
reparlerons. Deux autres
filles, toutes deux prénommées Estelle meurent en
bas âge entre 1876 et
1880. De Joséphine Chérêt, il a un
fils, Arthur Henri Adolphe, né en
octobre 1881 et qui décèdera en 1942, sans
descendance.
Quarante ans après, lors de ma visite à Namur,
j'ai pu rencontrer
diverses personnes qui se souvenaient parfaitement de ces fameux
traiteurs, fournisseurs du roi, et personnages influents au vu de la
bâtisse en faux normand qu'ils occupaient sur les hauteurs
cossues.
Leurs sépultures sont toujours soigneusement entretenues
'aux frais de
la commune' dans un des carrés du cimetière.
Ce qu'il faut remarquer : deux publicités datées
1876 et 1912 ; deux
dates correspondant, l'une au premier veuvage d'Arthur
l'aîné, l'autre
à son décès. Ce qui dénote
un sens certain du médiatique, dirait-on de
nos jours. 'Mourez toujours, nous faisons le reste… ' Effet
d'annonce.
On dit aussi que le second Arthur avait joué un
rôle politique
important, qu'il avait été
décoré, et que la famille détenait une
collection de memorabilia de l'époque
napoléonienne. Mes recherches
auprès des musées et organismes officiels de
Belgique n'ont donné que
des réponses négatives. Il est dommage que la
seule branche qui soit
restée en contact étroit avec eux soit maintenant
disparue, pour les
parents, alors à Amiens, et que leur descendante se soit
volontairement
fondue dans le décor par la suite pour des raisons
personnelles, au
demeurant fort respectables.
d) Dandois Louis
(son
frère/père ?) Belgian
agents :
British
Star Medal. Sans date.
Mais le monde est petit. Parmi mes contacts avec les Migrenne
activement intéressés par ma démarche
il en est un qui, s'étant mis à
la collection de cartes postales, déniche il y a peu une
pièce
rarissime : une carte des 'Trois Poètes'. Sans se poser de
questions,
il m'en envoie reproduction photographique recto-verso. Bingo ! En
effet, deux ans plus tôt, une exploration du Web a
révélé l'existence d'une imposante
généalogie Vrithoff en
néerlandais. On m'envoie copie intégrale des 15
pages (je n'étais pas
encore dans le coup à l'époque) et j'y
découvre, page 5, qu'un avis de
recherche était lancé au sujet d'une
Léopoldine Louise Migrenne,
née à Bruxelles le 23 02 1874 et
décédée à Marcinelle le 04
02 1953. De
la carrière de la demoiselle, fille
aînée d'Arthur Séraphin, je n'avais
aucune trace. Et voici que j'apprends qu'elle a
épousé à Bruxelles le
29 04 1907 Joseph Clément Félicien Vrithoff,
né à Namur le 12 08 1877,
et décédé à
Montignies-sur-Sambre le 06 07 1959. Or, la partie
correspondance de la carte postale écrite et
signée de la main
d'Alfred Migrenne nous dit, en date de
Guise, le 10 08
1910, reçue à Namur le 11 :
Chers,
Le papa est arrivé franco de port en
France. Nous
le reconduirons de même chez vous. En attendant on vous
embrasse. Signé
A. Migrenne, et adressé à Monsieur
Félicien Vritof, Boucher, rue de Fer
à Namur Belgique.
Maintenant que la moindre paperasse est mise aux enchères
sur le web,
les Migrenne de Namur refont surface : une carte
postale de
magasin à l'enseigne A. MIGRENNE COMESTIBLES
adressée, sans
date, à Monsieur Arsène Migrenne,
Chef de Station, à Hirson, m'a
échappé, mais j'en ai photocopie. Il
doit s'agir du premier magasin de la Rue de Fer après le
Boulevard
d'Omalius. De ce magasin est issue une facture sur papier à
en-tête
BOVRIL, dont je possède aussi photocopie. (Arsène
est le père du Jean
Migrenne de 'chez Nathan').
La maison Migrenne était donc devenue une affaire de famille
ou étaient
associés le frère et la sœur.
Contactés en Belgique, les descendants n'ont pas
donné suite à mon
appel téléphonique suivi de courrier.
Peut-être m'apprendront-ils un
jour ce qui a pu advenir de l'héritage
côté collections...?
À propos de téléphone. René
Dejollier reproduit dans son ouvrage, page
166, l'annuaire téléphonique de Namur (une seule
page).
Liste
des abonnés raccordés au
réseau au 1er mars 1877 : N° 62 Migrenne,
gastronome, rue de l'Ange.
Page
38 il nous apprend aussi l'existence de la Maison
Vrithoff et
Wilmet, ciriers (fabricants de cierges) mais aussi entrepreneurs de
pompes funèbres. Quand on sait que 'cimetière' en
flamand, se dit
'vrithoff/vrijthoff/vrijthoff', autre mot pour 'kerkhof'…
Question : qui fut le deuxième Migrenne,
et le premier en
France, à figurer sur un annuaire
téléphonique ET QUAND ?
9 QUI EST QUI ET D'OÙ ?
TOUS COUSINS
De plus en plus de recherches sont faites sur les registres
d'état
civil, chacun voulant se repérer dans l'échelle
des générations. Il y a
ceux, comme moi, qui ne s'intéressent qu'à
l'ascendance patronymique
mais qui ne dédaignent pas les 'hors-d'œuvre de
l'état civil', comme
l'écrivait AM il y a un
siècle. Pas seulement les hors-d'œuvre,
en tant qu'anecdotes transcrites entre les actes, ou en marge de
ceux-ci, mais aussi les rapprochements que l'on peut faire, ou
déductions que l'on peut tirer en en lisant soigneusement le
contenu.
Et il y a ceux qui ouvrent l'arbre vers le haut en s'attachant aux
alliances dans leurs ascendances paternelle, maternelle et/ou
collatérales.
En cette fin d'année 2006, un message de
Généanet me signale que le fruit de nouvelles
recherches ayant abouti
au repérage de divers porteurs du nom Migrenne
vient d'être mis
en ligne. L'auteur, Daniel Dupuis, ayant été
contacté, je découvre
qu'il s'agit d'un natif de
Bruyères-et-Montbérault, adepte de la
seconde école, qui est allé explorer les
registres d'Athies-sous-Laon.
Nous correspondons et je reçois copie des actes porteurs de
signatures
ou mentionnant le nom de divers Migrenne, agissant en
qualité de
témoins. Nous ne sommes pas en relation de sang directe ou
par alliance
proche.
Athies… deuxième nid Migrenne,
qui
prend la relève de Parfondru où la
lignée s'étiole, à partir de la
seconde moitié du 19ème siècle et en
restera le foyer majeur jusqu'à la
diaspora finale vers la toute fin du 20ème
siècle. J'ai expliqué
pourquoi et comment par ailleurs (voir descendance de Louis
François
Stanislas Migrenne et Eudoxie Daret, 7 enfants) (H
39 et 40) .
Or donc, sur ces actes, on apprend, par exemple, le mariage de Constant
Bruaux avec Marie Olive Lebègue, en date du 27 mars 1873.
Constant, 25 ans, libéré des obligations
militaires, est employé des
contributions indirectes. Il a pour témoin son
frère Désiré, âgé
de 26
ans, brigadier de gendarmerie à Versailles. Constant est
donc né en
1847 (le 4 septembre) et Désiré en 1846.
Première conclusion : ces
gens-là avaient de l'instruction, suffisamment pour
accéder à ces
fonctions. La famille devait donc se détacher de la masse
des
journaliers paupérisés d'alors.
Nous apprenons que leur
père xxx Louis Joseph Bruaux est
décédé à Athies le 26 mai
1848. Et si
leur mère a dû s'y coller seule ou
secondée, elle n'en a pas pour
autant négligé leur éducation, vu ce
que nous venons d'écrire. Ils ont
au moins été à l'école.
Sauf que cette dame, qui répond aux prénoms
assez extraordinaires de Victoire Pacifique (Gouviaux,) est
déclarée
être décédée le 14 janvier
1865 au Mexique, à Puebla. Le courrier et
l'état civil fonctionnaient bien en ce temps-là.
Petit rappel
d'histoire de France : Napoléon III se lance dans son
expédition
mexicaine en janvier 1862 et les troupes débarquent
à Vera Cruz. En
mai, le général de Lorencez ne réussit
pas à prendre Puebla, sur la
route de Mexico. Forey, son successeur, emporte enfin la ville en mars
1863. En 1864, Bazaine devient commandant en chef. On peut donc
supposer que la Veuve Bruaux est partie là-bas dans les
fourgons de
l'armée, non remariée. Cantinière ou
concubine d'officier ? L'armée
française évacue piteusement le Mexique en 1867.
En
1862, les 2 garçons avaient 15 et 16 ans. Qui s'est
occupé des enfants
après son départ ? Mystère. Qui l'a
secondée auparavant ? Certainement
quelque militaire en garnison à Laon ou aux alentours.
Gradé peut-être,
mais financièrement à l'aise, et pas mauvais
parâtre, semble-t-il,
puisque l'un des fils a fait carrière.
Côté jeune mariée : il a fallu
une dispense car elle n'avait que 17 ans et 5 mois. Elle est fille de
Ferdinand Florentin Lebègue, manouvrier, et de Rose Rosalie
Bruaux,
repasseuse. Prolétaires. Et cousins du marié.
À quel degré ? Daniel
Dupuis le sait peut-être. Ces deux parents, nous dit l'acte,
affirment…conjointement avec les témoins
ci-après nommés, sous la foi
du serment, qu'ils ignorent le lieu du dernier domicile et celui
où
sont décédés les aïeux de
l'épouse. Pourquoi pas ? Sauf qu'il n'est
jamais fait mention des grands-parents dans les actes de ce genre. Ce
qui signifie que la rumeur publique devait avoir eu vent de quelque
mystère ou affaire louche. Le
généalogiste que je suis peut citer,
mariée à Braye-en-Laonnois le 18 novembre 1704,
à Pierre Migrain/enn/e,
une Laurence Lebègue qui décède en
1716. Il y a des Lebègue sur les
registres de Braye. Et voir plus bas.
Nous voici revenus aux Migrenne
qui m'intéressent, ceux issus de la souche de Parfondru. En
1860 il y a
belle lurette que les deux branches n'ont plus aucune relation et celle
de Braye s'éteint d'ailleurs à cette
époque-là.
L'acte
est signé par, entre autres et en tant que second
témoin du marié,
Aristide Migrenne, âgé de 32 ans, tisserand
à Parfondru et cousin
germain du futur. Comment se fait-il ? Eh bien, si Louis
François
Stanislas Migrenne, résidant
à Bruyères, mais né à
Parfondru,
est allé chercher sa seconde femme, Flore Delvalez,
à Athies où il l'a
suivie, c'est parce que des liens existaient : un oncle d'Alfred,
Aristide François Antoine Migrenne avait
épousé une Veuve
Cuvilliers, d'Athies et une fille leur est née
là-bas en 1835. Ils
devaient connaître les Delvalez. Dans la foulée,
l'un des fils de Louis
Stanislas, le quatrième, François Stanislas, y
épousait le 20 octobre
1871, Marie Eugénie Adélaïde Bruaux,
dite' la Marie des Sables',
d'après le quartier dont elle était originaire.
François Stanislas, dit
'le père Marin' fut blessé à Laon lors
de l'invasion prussienne
(incident relaté dans LES HÉROS SANS
HISTOIRE) et le
couple a laissé une mémoire tout à
fait honorable, sans jamais
atteindre à quelque fortune que ce soit, mais sans
prolétarisation.
Aristide, cousin germain du père de François
Stanislas, est donc
seulement cousin au second degré et par alliance du fils
Bruaux, le
jeune marié. La Marie des Sables, née vers 1851,
ne pouvant être la
sœur du marié, doit être sa cousine
germaine…
La
conclusion est que ces familles nombreuses étaient
nécessairement très
liées. Voici d'autres indices : en septembre 1880, Toussaint
Gustave
Frédéric Migrenne,
frère de François Stanislas et premier de la
fratrie, signe en tant que voisin l'acte de décès
d'un enfant né d'une
Marie Rose Bègue… Cela ressemble à du
déjà vu. Il faut garder en
mémoire le fait qu'ils étaient peu, alors,
à savoir lire et écrire, à
savoir même les coordonnées et le nom exact de
leurs parents, a
fortiori de leurs grands-parents…
Bégue…
Lebègue…Rose… En 1886 (?)
Henri Georges Migrenne, fils d'Henri Georges,
lui-même
cinquième frère et sixième des sept
enfants déjà mentionnés, est
cité
comme premier témoin d'un mariage. Il ne sait ni lire ni
signer. Au bas
de l'acte on trouve un Delvalet… et un Leleu (il y en a
à
Braye-en-Laonnois, alliés aux Migrenn/ain/e, etc. de
là-bas.) Et le 28
décembre 1877, Louis Alfred Migrenne, alors cantonnier
à Athies,
troisième de la fratrie, cosigne un acte avec Claude et
Séraphin
Bruaux, tous deux sabotiers à Athies, respectivement
nés en 1836 (?) et
1841(?) Alfred était voisin des Bruaux…
sabotiers, pas fonctionnaires.
La Veuve Bruaux ci-dessus nommée avait visé haut.
Tous cousins, on vous
dit…
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